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Le panier Paillassou

Dans l’article La vannerie, l’art du tressage, j’avais évoqué parmi les différentes techniques de réalisation de paniers dont j’avais fait l’apprentissage. Parmi elles, le « Paillassou » est une technique de vannerie spiralée. Elle m’a été enseignée patiemment par Pierre Palancher, professeur des écoles, qui l’a lui-même héritée de son père. Ce stage de 2 jours s’est déroulé à la Ferme du Parcot en février dernier.

En résumé, cette pratique consiste à rassembler des brins de carex ou de la paille de molinie, en formant un boudin que l’on appelle « toron », enroulé en spirale sur lui-même et généralement maintenu, cousu, avec de l’écorce de ronce commune. Cette vannerie spiralée n’est pas typique de Dordogne, on la retrouve historiquement dans le monde entier sous des formes très variées, avec des matériaux différents.

Une vannerie sauvage

Le matériel sera :

  • un sécateur
  • un couteau
  • un guide*
  • un poinçon en bois
  • un tablier
  • une bassine d’eau
  • un pulvérisateur (eau)
  • du carex ou de la molinie
  • des tiges de ronces longues et fraîches

La première étape consiste à préparer les liens de ronces appelés « éclisses », qui serviront à coudre les torons de carex ou molinie ;
Pour éviter leur dessèchement, il ne faudra pas hésiter à humidifier régulièrement les matériaux au pulvérisateur ;
[ On récolte les tiges de ronces en hiver (avec un gros diamètre, droite et avec peu de nœuds) et le carex ou molinie en fin d’été. ]
On retire d’abord les aiguillons de la ronce, puis on la fend en deux ou trois à l’aide d’un couteau bien aiguisé, en faisant pivoter la lame pour dissocier la matière plutôt que la couper ;
La moelle est grattée pour ne garder qu’une lanière très souple et solide ressemblant à du cuir ;
Les bords sont retravaillés pour être lisses et réguliers, en s’aidant pourquoi pas d’un trusquin ;
On taille l’extrémité la plus épaisse en pointe, on enroule l’éclisse sur elle-même et on la réserve dans l’eau en attendant.

La deuxième étape consiste à former le toron à l’aide d’un guide correspondant au diamètre attendu ;
[ Ce guide peut être un morceau de tuyau, un bout de branche creux, un collier de serrage, une bague… ]
Enfiler les brins de carex ou de molinie (ou autre matériau végétal) dans le tube jusqu’à le remplir ;
Nouer l’extrêmité avec un fil afin qu’il ne se désolidarise pas ;
[ Il faudra recharger en permanence le guide avec de la matière tout le long de la conception du panier.]
Pour former le début de spirale, il faut coudre le toron à l’aide d’une éclisse de ronce en passant par le centre ;
Utiliser le poinçon pour écarter les brins afin de pouvoir passer l’éclisse en diagonale sous le lien du tour précédent, en prenant aussi une petite partie des brins (pas plus d’un tiers) ;
Quand on arrive à la fin de l’éclisse, on la prolonge par une nouvelle, c’est le « raboutage » ;
Pour cela, on fait se chevaucher la fin de la vieille éclisse et la nouvelle qu’on glisse proprement sous les coutures précédentes et on serre ;
On monte ensuite les bords petit à petit jusqu’à la hauteur désirée ;
On anticipe la fin en cessant progressivement d’ajouter des brins dans le guide.

Pour varier les formes, il faut simplement garder en tête que piquer à l’intérieur du toron rétrécit l’ouvrage, alors que piquer à l’extérieur va au contraire l’agrandir.

Ce type de vannerie est une activité de pleine conscience, véritablement méditative.


L.

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