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Les bases de notre projet

© Rob Wicks

Notre désir de changement de vie est avant tout assurément personnel. Mais pas que. Nous avons pris conscience de la vacuité de nos métiers respectifs, de leur capacité à engendrer stress et préoccupations au fond inutiles. Les journées passées devant un écran, nous n’en voulons plus autant. Nous envisageons une énième réorientation professionnelle en accord avec ce désir de réalignement. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de nous professionnaliser en amont. Nous avons commencé à nous former il y a bientôt 3 ans, pour acquérir les savoirs et connaissances agroécologiques qui nous faisaient cruellement défaut, celles que nos grands-parents n’ont malheureusement pas eu l’occasion de nous transmettre. Depuis 2020, nous avons passé la vitesse supérieure en poursuivant vers des cursus officiels diplômants. Dans notre ligne de mire, la mise en place d’une activité engagée, productrice, participative et sociale que vous découvrirez au fur et à mesure de sa mise en place dans ce blog.

Ailleurs. Mais où ?

Dans un premier temps, il était question de quitter la Nouvelle-Aquitaine et changer radicalement de région. La Bretagne, notre région de cœur parce que nous y avons tous deux des racines personnelles et y séjournons régulièrement, nous a longtemps paru être un choix naturel et idéal. Plus précisément dans le Finistère, où nous avons cherché le lieu parfait pendant deux années, en vain. Ce département est si beau, magnifique et sauvage, mais beaucoup de sites agro-industriels qui, certes, font vivre une partie des habitants, impactent malheureusement trop négativement l’ensemble du territoire. La Bretagne subit depuis des années les conséquences d’un développement insoutenable de l’élevage et de l’agriculture. L’omerta est telle que celles et ceux qui soulèvent le voile sont menacés. Nous ne pouvons que fortement vous conseiller la lecture de ce roman graphique révoltant. Ceci étant dit, y développer notre projet aurait nécessité des déplacements nombreux, de la fatigue et des frais considérables. La raison nous a donc fait chercher plus près de la métropole bordelaise où nous devons actuellement résider pour la garde partagée de nos enfants.

Nos premiers critères de recherche étaient les suivants : 1 à 2h de route maximum pour y aller souvent, une commune de faible densité, un environnement préservé (plutôt boisé, peu industrialisé), une petite ville à proximité avec des commerces/services de base (alimentation, médecine, transport), un foncier abordable. Ainsi, le territoire des possibles s’étendait du nord au sud jusqu’à Saintes, Angoulême, Périgueux, Bergerac, Agen, Mont-de-Marsan, incluant évidemment la côte océane. Concernant cette dernière, surcôtée et trop sensible aux risques du changement climatique, c’était pour nous un non catégorique. Pour avoir arpenté le Périgord un certain temps tous les deux pour le travail, nous en avions conservé de très bons souvenirs. Cela rapprocherait aussi de l’Auvergne que nous affectionnons particulièrement. Nous y sommes donc retourné plusieurs fois pour découvrir plus en détail le département de la Dordogne et les spécificités des différents Périgord : vert, blanc, pourpre et noir.

Un dernier séjour hors saison, au cœur d’un hiver froid et pluvieux, aura fini de nous convaincre : nous ne chercherions pas ailleurs. Notre road-trip nous a conduit dans les confins du département : Nontron, Brantôme, Sarlat-la-Canéda, Bergerac, Saint-Astier, Montpon-Ménestérol, Ribérac… Nous contactions des vendeurs et visitions des terrains en journée, prenions des routes au petit bonheur la chance, cochions sur une carte les coins pittoresques que nous traversions, comparions et débattions des avantages et des inconvénients de nos visites en soirée, cogitions la nuit. Soyons honnêtes, le séjour fut éprouvant. Mais il faut comprendre que chaque année, chaque mois passé sans concrétiser notre projet, sans pouvoir nous projeter davantage, nous semblait un siècle. Nous ressentions au fond de nous une urgence viscérale.

Moment décisif

Le dernier jour, nous nous préparions à repartir de Périgueux sans véritable coup de cœur. Il restait un dernier rendez-vous, pris à la va vite et situé sur le trajet retour vers Bordeaux, en rapport avec une vieille annonce du bon coin et ses images peu flatteuses. En dépit de cette absence d’impression préalable, l’arrivée dans la commune, le contact avec le propriétaire, le tour du terrain et du bâti existant, les environs proches… pour la première fois, nous ne trouvâmes rien à redire. Dans nos esprits qui s’emballaient, nous cochions les cases les unes après les autres : un trajet rapide depuis chez nous, un petit village calme avec du cachet, un environnement boisé, de l’eau omniprésente, un terrain arboré de taille confortable, en friche depuis une génération, un bois naturel attenant, un voisinage discret, une position relativement dominante avec une vue en partie dégagée, du bâti ancien déjà présent (non habitable en l’état, mais qui éviterait d’artificialiser), des petites villes avec commerces, services et gares à moins d’un quart d’heure…

De retour à la maison, nous avons compilé toutes les données que nous avons pu trouver sur ces parcelles cadastrales et les environs, afin d’être certains de ne manquer aucune information essentielle. Nous avons aussi appelé la mairie pour nous présenter et nous assurer de l’absence de gros projets éventuels sur le territoire. Dès lors, il n’a pas fallu longtemps pour décider d’une proposition honnête à soumettre au propriétaire, qui l’a accepté. Nous avons eu du mal à réaliser : des années de recherches minutieuses et finalement, tout s’est joué sur une visite et une décision à la va vite, un 31 décembre.

Notre projet allait naître en Périgord blanc, au cœur de la Vallée de l’Isle.

O.

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